PAQUEBOT VILLE D’ORAN ET LA COMPAGNIE HAVRAISE PÉNINSULAIRE par Franck Sénant.

PAQUEBOT VILLE D’ORAN ET LA COMPAGNIE HAVRAISE PÉNINSULAIRE par Franck Sénant.

Compagnie Havraise Péninsulaire

La CHP, Compagnie Havraise Péninsulaire est créée en 1882 par Charles Eugène Grosos, né en 1833 dont le père est maître au cabotage de Saint-Vaast-La-Hougue. Il quitte sa presqu’île de bonne heure pour s’établir au Havre où il crée une maison de négoce en 1858.

Cinq années plus tard, ses affaires ont prospéré, il est devenu un notable havrais connu localement pour son engagement dans plusieurs activités : armateur de la ligne péninsulaire, directeur de la ligne franco-belge Le Havre-Anvers, président de la Société des Sauveteurs de la ville du Havre et agent général d’une ligne de steamers vers le Brésil.

En 1873, il est l’un des promoteurs de la société anonyme des constructions navales du Havre.

Enfin en 1882, Charles Eugène Grosoe crée sa propre compagnie de navigation sous le nom de Compagnie Havraise Péninsulaire, la CHP.

Cet esprit entreprenant et chanceux devait cumuler de nombreux titres. Chevalier de Légion d’Honneur, il fût aussi Chevalier des Ordres d’Isabelle la Catholique, de Notre-Dame de la Conception (Portugal), de la Medjidié (Turquie) et de Saint-Olaf (Suède et Norvège).

Il décède en 1908.

La compagnie est connue dans le milieu la marine marchande sous le nom de La Havraise ou Havraise Péninsulaire. Son activité est essentiellement consacrée au transport de fret et de quelques passagers mais en petit nombre.

À sa création en 1882, la Cie effectue des liaisons avec l’Espagne (d’où le nom de Péninsulaire) et vers l’Italie.

En 1886, elle inaugure une nouvelle ligne vers l’Océan Indien, ligne qu’elle partagera avec la Compagnie des Messageries Maritimes pour la desserte depuis la métropole vers La Réunion. Les deux compagnies se feront une rude concurrence en particulier pour le transport du sucre vers l’Europe.

Son développement l’amène à diversifier les lignes entre-autre vers Alger depuis Marseille, Bordeaux/Oran, puis Le Havre/Diego-Suarez et Le Havre/La Réunion.

A l’instar de nombreuses compagnies de navigation, son siège social est implanté à Paris, au 10 rue de Châteaudun alors que sa direction générale est installée au 10 rue de Phalsbourg au Havre.

La compagnie possède également de nombreuses agences implantées dans l’hexagone et au-delà: Bordeaux, Dunkerque, Marseille, Nantes, Rouen, Saint-Nazaire, Le Port (La Réunion).

Lors de la création de sa compagnie, Charles Eugène Grosos constitue sa flotte de 7 navires d’occasion et de construction anglaise, le montant de l’acquisition se monte alors à 2 825 000 francs de l’époque.

Presque tous les navires sont baptisés des noms de villes : Ville de Brest qui fût lancé en 1862, Ville du Havre 1862, Ville de Messine 1870.

Charles Eugène Grosos a pour principe de faire remplacer ses navires dès qu’ils sont amortis par des navires neufs ou d’occasions et de construction anglaise.

Ainsi la flotte va s’accroître avec l’achat de 8 nouveaux navires : Ville d’OranVille de ValenceVille de TaragoneVille de MetzVille de Malaga (1882-1886), Ville de Cadix (1883), Ville de Strasbourg(1883-1917), Ville de Palerme (1883-1886), Ville de Riposto (1884-1899).

Durant le conflit de la première guerre mondiale, les navires sont réquisitionnés par le gouvernement et transformés en transports de troupes. La CIE dénombre beaucoup de pertes, ainsi rien qu’en 1915, 6 navires sont perdus par torpillage : Ville de Bordeaux, Ville d’Ajaccio, Ville de Verdun, Ville du Havre(second du nom), ainsi que Le Colbert.

Quelques années après le décès de Charles Eugène Grosos en 1908, la CIE va changer de nom en 1920 et devenir la Nouvelle Compagnie Havraise Péninsulaire.

Durant le conflit de la seconde guerre mondiale, la flotte passe à nouveau sous le contrôle de l’État pour servir dans la marine nationale. Elle essuiera également de nombreuses pertes parmi ses navires.

En 1968, la NCHP absorbe la Compagnie Nantaise des Chargeurs de l’Ouest et devient la Compagnie Havraise et Nantaise Péninsulaire avec trois filiales

-Navale et commerciale Havraise Péninsulaire

-Eurotramp

-SNCO

Enfin en 1986, elle est rachetée et absorbée par la compagnie Delmas Vieljeux. Cette acquisition met un terme à la CHP qui fût durant plus d’un siècle une grande compagnie de navigation.

Paquebot « Ville d’Oran » .

PAQUEBOT « VILLE D’ORAN » COMPAGNIE HAVRAISE. 1911

Parmi les navires de la CHP, il en est un qui se distingue par sa carrière et sa longévité, il s’agit du « Ville d’Oran » .

PAQUEBOT « VILLE D’ORAN » . COMPAGNIE GÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE. 1936-1969.

Ce cargo mixte (c’est-à-dire un navire qui transporte du fret et des passagers) est sorti des chantiers des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Il s’agit d’une série de 4 sisterships (navires identiques) dont Ville de Marseille est la première unité.

PAQUEBOT « VILLE D’ORAN » . COMPAGNIE GÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE. 1936-1969.

Lancé le 8 décembre 1911 il débute sa carrière le 4 avril 1912, au moment de la tragédie du Titanic de la White Star Line et de la mise en service du paquebot France de la Compagnie Générale Transatlantique.

« Ville d’Oran » est un navire de 106 mètres de longueur pour 14,50 mètres de largeur avec un tirant d’eau de 7,96 mètres et 6500 tonneaux. Il peut atteindre une vitesse de 10 nœuds en pleine vitesse avec ses 2 250 chevaux de puissance produits par une machine à vapeur à triple expansion et trois chaudières. Il dispose d’une cheminée, de deux mats de charge et de quatre cales. Sa coque est en acier riveté.

PAQUEBOT « VILLE D’ORAN » . COMPAGNIE GÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE. 1936-1969.

Desservit par 39 membres d’équipage, à sa mise en service il accueille 20 passagers en première classe. Après sa refonte de 1944, l’équipage sera de 36 marins, les passagers de la première classe seront au nombre de 10, ceux de la seconde et de la troisième au nombre de 30.

Il est doté d’une TSF de 500 watts ce qui représente un équipement très moderne pour son époque.

Sa carrière débute donc sur la ligne Méditerranée/Océan Indien au départ du Havre.

Durant la première guerre mondiale il est mobilisé comme transport de troupes entre l’Indochine et la France. Il est remis en service commercial en 1919 et va connaître sa première avarie en s’échouant en baie de Gibraltar au cours d’un voyage Oran-La Havre le 6 septembre 1919. Le 9 aout 1924 il aborde et coule le remorqueur portuaire Queen of the United Kingdon. Durant cette année il subira à nouveau quelques avaries sans grande gravité. En revanche, le 25 juin 1928, un feu dans la cale à charbon va occasionner d’importants dégâts.

Sources :

Confrérie des Gens de la Mer.

Geneawiki

Forum pages 14-18

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